Certains ont peur du mentorat. « Ce mot me fait peur ! » disait une dame à mon épouse récemment. Le plus souvent, les mots sont des valises pour chacun : tout dépend de ce que l’on met dedans. Certains entendent : conseiller de l’ombre, Éminence grise ou même piston. D’autres sont familiers du mentorat, parce qu’il est utilisé dans leur environnement professionnel, et du coup ils comprennent le concept et en voient la pertinence. Voici donc une tentative de réponse : mentorat spirituel VS mentorat séculier : 4 clés du modèle de Jésus
Le mentorat séculier
Le mentorat séculier a tendance à se concentrer sur le développement professionnel, les compétences de leadership ou l’orientation des personnes vers des compétences qu’elles souhaitent développer. Ce sont des raisons importantes et valables de chercher un mentor. Il est de plus en plus développé dans le milieu de l’entreprise.
ChatGPT donne cette définition du mentorat séculier : Le mentorat est une relation d’accompagnement entre une personne plus expérimentée, appelée mentor, et une personne souhaitant développer ses compétences, appelée mentoré. L’objectif du mentorat est de guider, conseiller et soutenir le mentoré dans son développement personnel et/ou professionnel, en partageant des connaissances, des expériences, et en offrant des perspectives nouvelles. Le mentor joue un rôle de modèle, d’écoute active et de facilitateur, sans pour autant imposer des solutions. Cette relation repose généralement sur la confiance mutuelle, la bienveillance et une certaine confidentialité. ChatGPT consulté le 18/10/2024.
Le mentorat spirituel
Le mentorat est une expérience relationnelle [un accompagnement] dans laquelle une personne, le mentor, capacite [ autonomise ] une autre personne, le mentoré, en vue de l’exercice de responsabilités dans l’Église ou le Royaume de Dieu. R. Clinton
Le verbe capaciter ne nous est pas familier. Les ONG l’utilisent volontiers pour définir leur action avec cette image pour illustrer l’autonomisation :
Quand un homme a faim, mieux vaut lui appendre à pêcher que de lui donner du poisson. Confucius
Ce qui explicite bien le sens de ce verbe. Dans sa définition, R. Clinton utilise le terme : empowerment, qui contient plusieurs idées :
- Confiance en soi : l’empowerment aide les individus à développer une plus grande confiance en leurs capacités. Cela peut passer par la formation, l’acquisition de compétences ou simplement par une prise de conscience de leur propre valeur et potentiel.
- Prise de décisions : une personne « empowered » peut prendre des décisions éclairées et agir de manière autonome, sans dépendre constamment de l’autorité ou des opinions des autres.
- Accès aux ressources : l’autonomisation implique souvent l’accès à des ressources matérielles, financières, etc. Le mentor permet souvent de profiter de ses propres ressources, contacts, etc.
- Participation active : l’empowerment encourage une plus grande participation dans les prises de décisions qui les concernent, que ce soit dans la famille, au travail ou au niveau de la société.
Mentorat spirituel et ressemblance à Christ
Le mentorat chrétien va au-delà de l’amélioration de soi ou du développement personnel. Il s’agit d’accompagner des leaders à ressembler de plus en plus à Christ. Leighton Ford a cette punchline
« Le mentorat, c’est accompagner des leaders à Christ comme Christ ! »
LeigthonFord
Le mentorat spirituel facilite des conversations sur :
- Ces domaines précis dans lesquels le leader à besoin de grandir,
- La vie de piété du leader,
- Le choix de lectures pour renouveler et entretenir la vision,
- Identifier les angles morts et les opportunités de transformation spirituelle,
- Les signes d’une plus grande conformité à l’image du Christ, et célébrer l’œuvre de Dieu dans la vie du mentoré.
- Aborder les domaines de lutte permanente ou de pensée et de comportement impies.
Le mentorat spirituel : une offre d’opportunités
Lorsque j’ai commencé à encadrer des jeunes hommes qui sentaient un appel au ministère pastoral, mon approche consistait principalement en une formation individuelle de disciple sous stéroïdes. Je lui ai fait lire une grande pile de livres, j’en ai discuté avec lui et je lui ai expliqué comment je faisais mes dévotions quotidiennes, comment je cherchais à aimer ma famille, etc. Très vite, je me suis rendu compte que, bien que ces choses soient bonnes et nécessaires, je ne faisais que le transformer en un « mini-moi », soumis à mes innombrables faiblesses et limites. Il avait une vision plate et unidimensionnelle du rôle de berger d’une congrégation locale.
Mon ami de longue date Phil Newton m’a montré une méthode plus excellente. Il a transformé la manière dont l’Église que je servais abordait le mentorat et les stages. En plus de lire et de parler des doctrines fondamentales, de la prédication et de l’ecclésiologie, j’ai commencé à emmener des jeunes hommes avec moi lors de visites à l’hôpital, à les faire participer à des séances de conseil et à les laisser prêcher la Parole de Dieu à notre congrégation. Je leur ai fait passer du temps avec des membres de l’Église dans des situations réelles. En bref, j’ai commencé à considérer le mentorat des futurs ministres comme un projet communautaire. Jeff Robinson
4 clés du modèle mentoral de Jésus et Paul
1- Le mentorat spirituel permet au mentor de s’investir dans la vie de son mentoré.
À l’exemple de Jésus qui s’immerge dans la vie de ses disciples, Paul a fait de même. Contrairement aux enseignants de son époque, Jésus appelait ceux qu’il encadrait « amis ». Paul a fait de même. Les amitiés étroites ne se développent généralement pas dans une salle de classe. Il faut une vie en commun dans d’autres contextes pour cultiver cette amitié.
2 – Le mentorat spirituel est un compagnonnage,
une intimité qui permet de parler et d’aider une personne dans sa vie. Un prédicateur ou un enseignant peut dire beaucoup de chose Mais pour parler dans une vie, il faut une confiance suffisante pour aborder les détails de la vie et du ministère. Jésus et Paul ont donné l’exemple de cette pratique.
3 – Le mentor spirituel pose des questions pour stimuler la réflexion
et la maturité de celui ou celle qui accompagne. Plutôt que la transmission d’informations, le mentorat doit inciter à la réflexion et à l’application spirituelle. Jésus l’a fait régulièrement dans son ministère avec les Douze. Les questions aident les frères à réfléchir afin d’apprendre à guider, à prêcher et à servir.
4 – Le mentorat encourage le mentoré
à viser l’excellence dans son ministère. Jésus l’a fait avec les douze et les soixante-dix (Luc 9-10). Paul l’a certainement fait avec Tite et Timothée dans les Épîtres pastorales (par exemple, 1 Tim. 4 : 11-16 ; 2 Tim. 2 : 1-7 ; 4 : 1-5 ; Tite 1 : 5 ; 2 : 1-15).
Pour aller plus loin :
Le mentorat spirituel : pour ceux et celles que Dieu a appelés et envoyés
Qu’entend-on par « mentorat spirituel » ?
