Qui êtes-vous en train de devenir ?

Qui êtes-vous en train de devenir ?

Deuxième article de la suite proposée par Jennifer Williamson, sur ce thème : comment notre discipline contribue à notre transformation à la ressemblance de Christ : 1. Sanctification, piété : et si Dieu voulait vous pousser hors de votre zone de confort, → fidélité dans la vie chrétienne, aujourd’hui : 2. Qui êtes-vous en train de devenir ? → transformation spirituelle chrétienne.

Dans mon précédent article j’ai chanté les louanges des habitudes ennuyeuses, ces rythmes quotidiens simples qui s’additionnent pour nous façonner à l’image du Christ. Durant une période où j’avais du mal à intégrer de nouvelles habitudes saines dans mon emploi du temps chargé, j’ai travaillé avec un coach qui m’a aidée à me connecter à mon pourquoi . Votre pourquoi est ce désir profond ou cette motivation globale qui peut vous garder sur la bonne voie lorsque votre envie a pris la fuite. 

Étant en plein cœur d’une saison sandwich de ma vie, j’ai réalisé que mon pourquoi était de bien vieillir. Lorsque j’ai dit dans mon dernier article : « Je ne m’entraîne pas pour un marathon, je m’entraîne pour la vie », je ne parlais pas seulement de fitness physique. Je suis parfaitement consciente que les choix que je fais aujourd’hui déterminent le genre de personne âgée que je serai.

En vieillissant, les garde-fous commencent à disparaître et notre capacité à filtrer nos pensées et nos comportements diminue. Le moi authentique finira par apparaître, tel quel.

Est-ce que je l’apprécierai ?

Je me souviens de l’époque où nos enfants sont partis à l’université et où nous nous sommes retrouvés le nid vide. En quelques semaines, nous dînions devant la télévision chaque soir et utilisions un langage que nous n’avions pas employé depuis nos propres années d’université. J’ai soudain réalisé que j’étais beaucoup moins rachetée que je ne le pensais ; j’avais juste joué la comédie pour les enfants. Lorsque les garde-fous de l’éducation des enfants ont été retirés, je n’ai pas aimé une partie de ce que j’étais devenue. Et je savais qu’il y avait (et qu’il y a toujours !) beaucoup de travail à accomplir.

Nous qui croyons que Jésus est le chemin, la vérité et la vie, nous avons cette promesse qui vaut la peine d’être gardée :

Et nous tous, qui le visage découvert contemplonsla gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image avec une gloire toujours plus grande, qui vient du Seigneur, qui est l’Esprit. 2 Corinthiens 3:18

Ma destinée est d’être transformé à la ressemblance du Christ. C’est le résultat ultime des habitudes quotidiennes simples (ennuyeuses) auxquelles Jésus m’invite à participer : ressembler authentiquement au seul humain parfait qui ait jamais marché sur terre. Il compare ces habitudes à porter une croix, ce qui n’est certainement pas une partie de plaisir.

Puis il leur dit à tous :  Si quelqu’un veut être mon disciple, qu’il renonce à lui-même et prenne sa croix chaque jour et me suivre. Luc 9:23

Jésus ne demande pas un grand sacrifice glorieux, mais mille morts quotidiennes. Mort aux choix autodestructeurs qui font du bien sur le moment et nous hantent pendant des mois. Mort aux postures narcissiques qui nous installent sur un piédestal qui finira un jour par s’effondrer. Mort aux habitudes apaisantes qui masquent l’anxiété, lui permettant de croître et de se propager comme un champignon mortel. Mort aux dialogues intérieurs dévalorisants qui nous empêchent de faire le premier pas dans la foi.

Notre nature ressort à mesure que nous vieillissons

Mon père est atteint de démence. Il a 92 ans, ne se souvient pas de ce qu’il a mangé au petit-déjeuner et passe la majeure partie de son temps à dormir. Mais quand il est éveillé, il est gentil, doux et toujours sage. Il est curieux. Il est heureux. Si vous mettez des hymnes, il les chantera tous, mot pour mot, avec enthousiasme. Et bien qu’il ne soit plus que l’ombre de lui-même à tous égards, quand vous lui demandez de prier, il lève les mains, ferme les yeux et s’adresse au Dieu qu’il aime avec passion et sincérité d’une voix tonitruante. Il n’a plus le contrôle de rien dans sa vie, et cela ne le dérange pas. Il respire simplement Jésus. Je crois que c’est parce qu’il a, pendant tant d’années, fixé son cœur et son esprit sur le Christ, et il a été transformé.

J’ai également connu des personnes âgées qui deviennent de plus en plus craintives, en colère et méchantes. Elles résistent à l’idée de lâcher prise sur le contrôle. Elles se méfient de ceux qui essaient de les aider. Beaucoup d’entre elles connaissent Dieu et Lui font confiance, mais lorsque les barrières de sécurité sautent — tout comme je l’ai vécu au début du syndrome du nid vide — un manque de transformation est révélé. Elles respirent aussi quelque chose, mais ce qui en sort est toxique. Je n’ai aucun doute qu’elles sont sauvées, mais elles ne semblent pas éprouver la joie de leur salut, la vie abondante que Jésus a promise, ou cette « gloire grandissante ».

Transformé ou déformé ?

Ne vous y trompez pas : si je ne suis pas en train d’être transformé, je suis activement en train d’être déformé. La question n’est pas « Est-ce que je deviens autre chose ? » mais « Qui suis-je en train de devenir ? ». Tolkien nous a donné l’image de Gollum/Sméagol, qui est utile. Toutes nos petites décisions quotidiennes nous orientent vers l’un ou l’autre. Peu de choix individuels produisent un changement significatif, mais l’accumulation, comme les intérêts composés, l’emportera largement sur les apports quotidiens. Finalement, je me demande si l’abandon n’est pas l’aboutissement de ces choix. Parce que mon père semble toujours faire l’expérience d’une « gloire grandissante », NON PAS parce qu’il pratique quotidiennement des disciplines spirituelles, mais simplement parce qu’il est totalement abandonné au Christ.

Voilé ou dévoilé ?

Nous vivons dans un monde dominé par des images soigneusement sélectionnées d’influenceurs et de politiciens dont le but n’est pas de partager la vérité, mais de gagner des abonnés. L’image sur Instagram représente rarement la réalité de nos vies. Ce sont des images voilées, dissimulant souvent une gloire déclinante. Dans la deuxième épître aux Corinthiens, Paul écrit au sujet des « visages dévoilés » en référence à Moïse, dont le visage rayonnait littéralement de la gloire de Dieu après avoir été en sa présence. Au début, il se voilait le visage pour ne pas effrayer ses compatriotes israélites, mais par la suite, il portait le voile pour cacher le fait qu’il ne rayonnait plus. Paul nous dit qu’en Christ, la gloire ne s’estompe pas, elle augmente. Par conséquent, nous pouvons vivre authentiquement devant les autres grâce à ce que Christ a authentiquement opéré en nous. Plus tôt nous commencerons à nous appuyer sur cette authenticité, plus nous serons à l’aise avec des visages dévoilés. Nous ne cachons rien parce que nous n’avons rien à cacher. En apportant nos blessures à la lumière, nous voyons une opportunité de compter sur la suffisance de la grâce de Dieu.

Désirs recâblés !

La transformation spirituelle n’est pas une chirurgie esthétique, c’est un véritable changement de vie qui s’opère de l’intérieur. Ce n’est pas de l’auto-assistance ni même de l’autodiscipline, en fin de compte. C’est un être dont les désirs ont été recâblés, ou réordonnés comme le dirait Saint Ignace. Lorsque je suis transformé à l’image du Christ, je n’aurai plus l’impression de lutter contre une nature humaine déchue, je voudrai sincèrement ce que le Christ veut pour moi. Mes aspirations commenceront progressivement à refléter authentiquement celles du Seigneur. Non pas que cela devienne sans effort — même Jésus suait dans le jardin de Gethsémani — mais nous partageons Sa détermination, quel qu’en soit le prix. Mon espoir est que la promesse d’une « gloire toujours croissante » se réalise à mesure que mes amours et mes désirs sont recâblés, afin que, lorsque je vieillirai et que les garde-fous tomberont, Jésus apparaisse.

Intéressé et intéressant

Les personnes âgées que j’apprécie le plus sont celles qui ressemblent à Jésus dans leur attitude et leurs paroles. Elles ne sont pas parfaites, mais elles sont profondément sereines. Inébranlables. Pleines d’intégrité. Et elles reflètent Jésus non pas en rayonnant, mais en étant à la fois intéressées et intéressantes. Elles s’intéressent sincèrement aux autres, plutôt que d’être absorbées par leur propre vie. Cet intérêt se manifeste dans la conversation et aboutit souvent à la prière. Elles continuent de lire et d’apprendre. Elles sont curieuses sans être indiscrètes. Elles ne jugent presque plus personne, ce qui pousse les autres à s’ouvrir volontiers. Elles savent demander de l’aide sans être exigeantes. Elles aiment rire. Et l’encouragement et la bénédiction s’échappent facilement de leurs lèvres.

Ils ne sont pas seulement intéressés, ils sont intéressants. Ils ont des idées à apporter à la conversation. Ils sont toujours réfléchis, capables d’établir des liens et d’entrer en relation, et ont des histoires à raconter — certaines datant d’il y a des années et d’autres de la semaine dernière. Ils en sont la preuve vivante :

Bien que notre être extérieur dépérisse, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour. 2 Corinthiens 16b

Et comment y parvenons-nous ?

Je coopère au processus de transformation quand je choisis de prendre ma croix chaque jour, quand je laisse l’Esprit m’examiner et me convaincre de péché, quand je confesse mes fautes, quand je rectifie le tir, quand j’apprends et que je sers, quand je considère chaque succès et chaque échec à travers le prisme de la grâce incroyable de Dieu. Ce processus n’est pas éthéré ou « juste une impression », il a des résultats concrets, observables et mesurables au fil du temps. Je ne peux ni planifier ni prédire le calendrier de ma croissance, mais si je regarde en arrière, je peux la voir. (Loué soit le Seigneur !) C’est l’une des raisons pour lesquelles il faut regarder en arrière ! Voir le chemin parcouru nous donne de l’espoir pour ce qui nous attend.

Il n’y a pas de plan « taille unique » pour la sanctification. Je ne pense même pas qu’il s’agisse d’essayer plus fort. Je crois qu’il s’agit de prêter attention et de répondre à la conduite de l’Esprit. Il nous invite dans le processus, ou nous y jette parfois en plein milieu. Et nous coopérons (ou non).

À quoi ressemble cette coopération ?

Parfois, cela ressemble à la confession, au fait d’assumer ses responsabilités ou de dire la vérité. Parfois, cela ressemble à prendre ses responsabilités ou à se lancer. Mais généralement, cela ressemble à une petite habitude ennuyeuse qui commence ou s’arrête — ou ce qu’Eugene Peterson a si éloquemment décrit comme « une longue obéissance dans la même direction ». Croyez-moi, j’aimerais que cela ressemble à des bonds de géant de la foi ou à des gestes héroïques grandioses. Parfois, ils surviennent. Mais le plus souvent, ce sont les petites morts quotidiennes qui produisent des fruits réels et durables.

J’ai découvert que le véritable discipulat se produit lorsque nous incarnons ces choses en communauté — en prenant notre compréhension des Écritures et du caractère du Christ et en la mettant en pratique dans notre vie quotidienne, selon la conduite de l’Esprit. Nous sommes appelés à nous stimuler mutuellement à la foi et aux bonnes œuvres (c’est peut-être une autre définition du discipulat). Nous nous stimulons mutuellement lorsque nous sommes témoins des processus de sanctification des uns des autres, en nous soutenant à travers les revers, en nous encourageant à travers la lassitude et en nous célébrant à travers les victoires.

À venir : Réapprendre à s’ennuyer

La plus grande menace moderne pour le discipulat et la transformation spirituelle est peut-être notre besoin constant d’être divertis. Dans mon prochain article, j’explorerai l’art perdu de l’ennui.

Cet article est paru sur Substrack. Traduit avec l’aimable autorisation de l’auteure. Remerciements chaleureux à elle.

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