Piété : sortir de la zone de confort

Sanctification, piété : et si Dieu voulait voulait me pousser hors de ma zone de confort ?

À l’air du numérique, de la distraction reine, Jennifer Williamson incite à une réflexion hors des sentiers battus, des suggestions qui pourraient bien influer sur notre caractère de leaders spirituels. Comment allons nous former des disciples, des communautés sans développer notre propre piété sur des bases saines ? Fondées sur l’Écriture, Jennifer vous propose trois médiations qui montrent comment developer une vie qui reflète Christ. Voici le premier article : Piété ? Sanctification ? Et si Dieu voulait voulait pousser hors de ma zone de confort ?

J’aime être en forme !

Cela améliore considérablement ma qualité de vie. Cela signifie que si j’ai l’occasion de partir en randonnée avec des amis le week-end, je peux accepter sans me demander si je vais pouvoir suivre le rythme. Cela signifie que si j’ai soudainement l’occasion de faire du ski nautique, je peux accepter sans craindre de me blesser. Cela signifie aussi que lorsque je voyage à travers plusieurs fuseaux horaires et que je dois ensuite sprinter dans un aéroport pour attraper mon prochain vol, je peux le faire — avec une valise.

Je m’entraîne cinq jours par semaine. Non pas parce que je m’entraîne pour un marathon, mais parce que je m’entraîne pour la vie. Ce n’est pas parce que j’aime être en forme que j’aime m’entraîner. S’entraîner, c’est dur. Cela m’oblige à sortir de ma zone de confort, met mon corps à rude épreuve et me provoque parfois des courbatures. Cela prend du temps dans mon emploi du temps et demande une discipline quotidienne pour continuer à dire « oui » à mes haltères et à mon tapis de yoga, et « non » aux grasses matinées.

C’est la régularité qui compte le plus. 

Personne ne se dit : – Je vais courir un marathon une fois par an, et ensuite je n’aurai plus à faire d’exercice les 364 autres jours.  La remise en forme ne fonctionne pas comme ça. Mais seulement 10 minutes d’exercice par jour, 5 à 6 jours par semaine, produisent des résultats remarquables. Et pas besoin que ce soit sophistiqué. En fait, mieux vaut que ce soit ennuyeux. Marcher, faire du vélo ou nager. Ajoutez-y un peu de Pilates ou de tai-chi de temps en temps. Et veillez à soulever des haltères, surtout en vieillissant.

Après des années passées à m’entraîner régulièrement, ce « oui » quotidien est un peu plus facile à dire, car j’en récolte régulièrement les bienfaits : une tension artérielle basse, une bonne densité osseuse, des muscles solides et un poids stable, sans compter les randonnées, le ski, les sprints vers les portes d’embarquement à l’aéroport et un sentiment général de bien-être.

Les résultats ne se manifestent pas… 

… en quelques jours ou quelques semaines. Pas les plus importants, en tout cas. Ils se manifestent au fil des mois et des années. Pendant de nombreuses saisons, je m’entraînais par foi — en croyant à des résultats qui mettaient du temps à se manifester. Et en persévérant même lorsque je ne voyais absolument aucun résultat.

C’est la même chose avec l’investissement. Verser petit à petit de l’argent sur son compte de retraite est un processus lent, au début. Cela ne semble guère en valoir la peine. L’intérêt composé est parfois qualifié de 8e merveille du monde — mais il faut du temps pour voir le miracle se produire. Pas besoin d’avoir un compte « Robin des Bois », d’acheter des cryptomonnaies, ni même de s’occuper d’actions individuelles. Il suffit de trouver un bon fonds indiciel et de laisser vos investissements mûrir au fil du temps. La simplicité est la meilleure solution.

Car l’entraînement physique a une certaine valeur, mais la piété est utile à tout, puisqu’elle porte des promesses tant pour la vie présente que pour celle à venir. I Timothée 4:8

Je trouve assez amusant que Paul…

… que l’on croyait petit et trapu, parle à Timothée de l’entraînement physique. Il semble citer ici un adage bien connu ; néanmoins, il en affirme la vérité. Mais il prescrit ensuite un autre type d’entraînement : celui de la piété. J’ai parfois tendance à oublier que je dois exercer ma foi autant que j’exerce mon corps, mais les similitudes dans la stratégie sont frappantes et c’est sans doute pour cela que Paul fait cette comparaison.

Si je grandis dans la piété, je suis probablement poussé hors de ma zone de confort. Je vais rencontrer des difficultés et ressentir une certaine tension. Lorsque nous développons notre force physique, nous déchirons en réalité nos muscles, qui repoussent ensuite plus forts.

Qu’est-ce que Dieu a mis à l’épreuve en toi ?

Instagram regorge de photos de Bibles ouvertes, de journaux intimes usés et de tasses de café fumantes, donnant l’impression que l’entraînement à la piété est un moment douillet et agréable. De telles images ne correspondent pas à ce que disent réellement ces Bibles ouvertes :

Dans votre lutte contre le péché, vous n’avez pas encore résisté jusqu’à verser votre sang. Hébreux 12:14

Non pas que j’aie déjà obtenu tout cela, ou que je sois déjà parvenu au but, mais je poursuis ma course afin de saisir ce pour quoi Jésus-Christ m’a saisi. Philippiens 3:12

Consacrez-vous toujours pleinement à l’œuvre du Seigneur, car vous savez que votre travail dans le Seigneur n’est pas vain. I Corinthiens 15:58b

À cette fin, je lutte avec ardeur, puissant par la force que le Christ met en moi. Colossiens 1:29

Remarquez le vocabulaire : lutte, persévérer, travailler, lutter avec ardeur. Ces mots ne s’opposent pas à la grâce. Comme l’a justement fait remarquer Dallas Willard, la grâce s’oppose au fait de « mériter », pas à l’effort. Je ne travaille pas à mon salut pour le mériter, je m’y emploie pour le vivre. Les vêtements de noces m’appartiennent — il me reste maintenant à grandir pour m’y adapter.

Le mot « piété » apparaît le plus souvent dans les lettres de Paul à Timothée. 

C’est son plus grand désir pour ce jeune disciple. Est-ce ce que je désire pour les personnes que j’accompagne dans leur cheminement de foi ? Est-ce ce que je désire pour moi-même ?

La croissance est lente, la transformation prend du temps. Je ne peux pas courir un marathon de piété et me reposer sur mes lauriers le reste de ma vie. Les efforts que je consacre à ma formation à la piété exigent de la constance et de la détermination. Et je n’y parviens que grâce à l’énergie du Christ à l’œuvre en moi. Mais puisque c’est Lui qui me donne cette énergie, je n’ai aucune excuse. C’est pourquoi les Écritures nous disent également que nous avons tout ce dont nous avons besoin pour mener une vie pieuse (2 Pierre 1:3).

Commencer ma journée par la Parole de Dieu…

… (avec une tasse de café fumant) est une chose merveilleuse. Prendre le temps de concentrer mon attention sur le Christ, de m’asseoir en sa présence : ces choses comptent ! Et elles peuvent même être réconfortantes. Lorsque je laisse la conviction pénétrer mon âme, ces moments peuvent aussi être inconfortables et exigeants. Mais ce n’est pas TOUTE la formation. Si je ferme ma Bible, puis que je me lance dans ma journée en nourrissant de la jalousie, en cachant des choses à mon conjoint, en refusant des occasions d’être généreuse ou en trompant mon employeur, je ne m’entraîne pas vraiment à la piété. Ce serait comme si je faisais ma séance de sport quotidienne chaque matin, puis que je mangeais du fast-food, que je fumais et que je buvais trop d’alcool. Mes séances de sport à elles seules ne compenseront pas mon mauvais comportement le reste de la journée.

Dieu veut éliminer certaines choses…

… pour me rendre plus semblable au Christ. Pour ma part, en ce moment, je sens que Dieu veut réduire mon temps passé devant les écrans et les médias. Ce n’est pas parce que les écrans sont en eux-mêmes un péché, mais parce que je m’apaisais par un défilement stérile qui engendre de l’anxiété plutôt que de la paix. Je ressens cette conviction, ce qui signifie que je peux pleinement faire confiance à Sa puissance à l’œuvre en moi pour me libérer. Mais ce n’est pas facile. Cela exige du renoncement. Et de l’inconfort. J’ai sollicité le soutien de quelques amis proches, qui peuvent vérifier mes progrès. J’ai regardé une Masterclass sur la dépendance à la dopamine pour comprendre ce qui se passe dans mon cerveau. Je me suis fixé de nouvelles limites et j’ai prévu de nouvelles activités, plus saines, pour le moment de la journée que je passerais normalement devant un écran. 

J’ai échoué. J’ai recommencé.

S’entraîner à la piété, comme toute autre forme d’entraînement, mènera à l’échec. Le plus grand obstacle à la réussite n’est pas l’échec, c’est d’abandonner.

Et ce qui est magnifique dans tout cela, c’est que le Christ n’a pas besoin que je réussisse : il a tout accompli à ma place. Le Christ me donne la force de réussir afin que je puisse vivre pleinement la liberté qu’il a acquise pour moi sur la croix. Il m’a appelé à une vie en abondance, et il m’entraîne désormais à en profiter. Il m’accompagne avec bienveillance, passion et conviction. Il console, corrige et encourage. Il fait de la formation à la piété une difficulté constructive.

Telle est la vision du discipulat. 

Comment pouvons-nous créer des Églises et des communautés où nous nous efforçons de grandir dans la piété sans tomber dans le légalisme ? Où nous accueillons la lutte parce qu’à travers elle, nous faisons l’expérience de la puissance du Christ et voyons finalement le fruit qu’Il produit en nous ? Où la grâce règne en maître et inspire (plutôt qu’elle n’étouffe) l’effort ? Où l’authenticité et l’acceptation sont considérées comme des points de départ pour la transformation plutôt que comme des excuses pour la complaisance ?

Nous n’avons pas besoin de programmes tape-à-l’œil, d’un langage à la mode ou de mèmes amusants. Nous avons besoin d’un enseignement fidèle et d’une communauté authentique, sur la durée. Il s’agit d’investir discrètement et avec soin dans la piété sur le long terme, en faisant confiance aux intérêts composés sur le plan spirituel. En matière de formation de disciples, l’ennui est ce qu’il y a de mieux.

Cet article est paru sur Substrack. Traduit avec l’aimable autorisation de l’auteure. Remerciements chaleureux à elle.

Pour aller plus loin :

Pour vous abonner : https://paroledementor.com

Défiler vers le haut