La poursuite de notre sainteté n’est pas une option, surtout pour un, une, leader ! Pourtant nous risquons de nous en détourner, même inconsciemment. Je vous invite à vous poser, avec moi, certaines questions pour vérifier que vous êtes toujours des leaders, à la poursuite de votre sainteté.
Au contraire, puisque celui qui vous a appelés est saint, vous aussi soyez saints dans toute votre conduite. En effet, il est écrit : Vous serez saints, car moi, je suis saint. 1 Pi 1 : 15
1° Votre sainteté est-elle menacée ?
Il y a quelque temps, j’ai chuté. J’ai péché et offensé gravement une personne. Du même coup, brisé une amitié de 10 ans. Cette faute m’a value d’être pour un temps en retrait du ministère. Cet échec m’a remis sérieusement en question. Que révèle-t-il de ma marche avec Christ ? Me suis-je habitué à des attitudes, pensées, qui attristent mon Père céleste ? Qu’est-ce qui doit changer chez moi ? Mon leadership, ma position m’a-t-elle amené à me croire au-dessus, plus fort que d’autres ? Et me dispenser d’examiner ma vie à la lumière du Saint-Esprit ? En suis-je arrivé au point où j’ai négligé la poursuite de ma sainteté ? Je pense être tombé dans ce que stigmatise Jerry Bridges.
Quand vous conduisez sur l’autoroute, vous pouvez accélérer jusqu’à la vitesse désirée, puis enclencher la fonction « régulateur de vitesse » et lever le pied de l’accélérateur. […] Vous n’êtes pas obligé de contrôler en permanence votre compteur pour vous assurer que vous n’allez pas être pénalisé pour excès de vitesse. De plus, vous ne subissez plus la fatigue engendrée par la pression exercée par votre pied constamment posé sur l’accélérateur. C’est très pratique et assez reposant. Nous avons cependant tendance à obéir à Dieu de la même manière. […] Nous appuyons sur la pédale d’accélérateur d’obéissance jusqu’à atteindre un certain niveau de comportement. Ce niveau d’obéissance est très souvent déterminé par la norme de comportement des chrétiens qui nous entourent. Nous ne voulons pas rester en arrière parce que nous voulons être aussi spirituels qu’eux. Mais nous ne voulons pas non plus trop les dépasser, afin de ne pas être différents d’eux. Nous voulons tout simplement nous intégrer confortablement au niveau d’obéissance de notre entourage. Une fois que nous avons atteint ce niveau confortable d’obéissance, nous enclenchons la « régulation de la vitesse » de notre cœur : nous nous relâchons et nous nous reposons. Notre culture chrétienne prend alors le relais et nous maintient au niveau de conduite voulu. Nous ne sommes pas obligés de surveiller les panneaux.
Bridges suggère que nous devrions plutôt ressembler à des pilotes de course, conformément à ce que dit Paul :
… Je cours vers le but pour remporter le prix de l’appel céleste de Dieu en Jésus-Christ. Phil 3 :14
Eux ne mettent jamais le régulateur. Ils sont attentifs à tout ce qui peut les ralentir, ce qui peut être amélioré dans leur pilotage, comme dans les réglages de leur voiture. Ils se remettent en permanence en question. Sommes nous attentifs à tout ce qui freine, alourdit, nuit, entrave notre marche chrétienne vers la sainteté pour le jour de Jésus-Christ ? Êtes-vous constamment à la poursuite de votre sainteté ?
2° Tolérez-vous des péchés « raffinés » ?
Jerry Bridges parle de péchés devenus « acceptables » ou « raffinés ».
Une grande partie de notre problème, en tant que croyants évangéliques, vient du fait que nous avons défini le péché dans ses formes les plus évidentes – formes dont nous ne sommes pas coupables. Nous pensons au péché en termes d’immoralité sexuelle, d’alcoolisme, de mensonge, de tromperie, de vol et de meurtre. […] Nous remarquons l’omniprésence toujours grandissante de ces péchés les plus flagrants, et nous portons sur nous-mêmes un regard plutôt favorable en comparaison. […] À l’école de la grâce. […] La plupart du temps, nos péchés se situent dans la zone que j’appelle des péchés « raffinés ». Ce sont les péchés commis par des personnes charmantes, des péchés que nous commettons régulièrement, mais qui ne[nous] remettent pas en cause. […] L’un de nos problèmes, avec ces prétendus péchés « raffinés », c’est que nous sommes devenus trop à l’aise avec l’idée même de péché. Comme nous péchons régulièrement, nous apprenons à cohabiter avec le péché tant qu’il ne devient pas trop incontrôlable ou scandaleux. Nous oublions, ou peut-être ne l’avons-nous jamais appris, la gravité avec laquelle. Ibid page 39
Il n’hésite pas, à plusieurs reprises, de souligner que les leaders spirituels peuvent eux aussi pratiquer des péchés « acceptables » ou « raffinés ». Bon, ça pique, mais je ne peux pas dire que je ne me sens pas concerné !
L’esprit de jugement est trop souvent un vice présent parmi les chrétiens engagés. Nous devons reconnaître ce péché comme tel. Un esprit de jugement se traduit généralement dans un discours critique à l’égard des autres. Jerry Bridges. Ibid, page 40
Il témoigne :
J’avais perdu la consécration et l’intensité nécessaires à la recherche de la sainteté. Je ne cherchais pas à obéir à la Loi de Dieu de tout mon cœur, de toute mon âme et de toute ma pensée. J’avais établi une routine confortable, dans laquelle ne se trouvait aucun vice majeur, mais où je ne faisais pas non plus tous mes efforts pour obéir à Dieu dans chaque domaine de ma vie, et en particulier dans mes relations avec les autres. Ibid page 143.
3° Soyez des leaders, à la poursuite de votre sainteté
Ce ne sont ni nos succès, ni nos réussites, ni ce que nous accomplissons pour le Maître qui nous sanctifient. Seule l’oeuvre de la grâce par le Saint-Esprit nous transforme à l’image du Ressuscité. Nous ne pouvons pas contourner, nous dispenser, faire l’impasse de notre sainteté si nous nous disons disciple de Christ, fils ou fille de Dieu ! Et à combien plus forte raison, comme leaders spirituels ! Notre seule protection est un sentiment de profonde humilité, tandis que nous nous rendons compte combien le péché qui habite en nous est toujours aussi puissant.
Ne commencez jamais à penser qu’il y a des domaines de tentation dans lesquels vous n’avez pas besoin d’être sur vos gardes. Ce pourrait être votre chute. Nous avons donc besoin de veiller sur nos domaines de faiblesse connus, parce que c’est là que nous sommes le plus enclins à céder à la tentation. Et nous avons besoin de veiller sur ces domaines où nous nous croyons forts, parce que c’est dans ces domaines que nous avons tendance à avoir confiance en nous et à ne pas dépendre de Dieu. Ibid page 245
4° Être modèle, à la poursuite de votre sainteté
Nos églises sont pleines de gens qui connaissent le Seigneur, mais dont la vie a besoin d’être changée. Et pourtant, ils vivent dans la communauté chrétienne sans se remettre en question ni aspirer à progresser. En tant que chrétiens, ils sont tout à fait satisfaits de leur état. Page 141
D’autant que nous sommes des modèles pour ceux que nous accompagnons. Si nous ne sommes pas nous-mêmes, leaders spirituels, à la poursuite de notre sainteté, n’espérons pas que les autres le soient. Le constat de Jerry Bridges se vérifiera encore et encore.
Notre sainteté n’est pas impossible, inatteignable, elle a déjà commencé, nous sommes en chantier. Restons à la poursuite de notre sainteté.
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