Une naissance pas comme les autres ! Le CNEF à 10 ans

Pourquoi cet article ?

La naissance du CNEF en France est clairement l’oeuvre de Dieu. Fruit d’un chemin d’écoute et d’obéissance des responsables évangéliques. Celui-ci doit être raconté. Comme dans l’Ancien Testament ou les Psaumes, où le peuple est invité à se souvenir. Or il y a quelques temps j’ai visité une grande église d’une Union d’églises qui a participé de façon significative à la création du CNEF, pour des soirées de jeunes. En les interrogeant, j’ai constaté que certains ignoraient jusqu’à l’existence du CNEF. Les nouvelles générations verront-elles dans le CNEF un appareil de plus ou comprendront-elles comment les chrétiens peuvent servir ensemble Dieu en France ?

Plusieurs acteur racontent

Une rencontre de plus ?

Le 6 janvier puis le 18 juin 2001, à l’invitation du conseil national de l’Alliance évangélique française (AEF) et du comité national de la Fédération évangélique de France (FEF), la grande majorité des responsables des Unions d’églises et des institutions de formation biblique de France se rencontre à Nogent-sur-Marne. L’AEF et la FEF souhaitent oeuvrer à plus de concertation. Ce ne sera pas une rencontre de plus. Dieu a préparé quelque chose que personne ne pressent. L’ambiance est peu chaleureuse. D’ailleurs il ne fait pas très chaud dans la chapelle ! Au cours des échanges, le président d’alors de la FEF se lève et demande pardon à tous les responsables pour les blessures et offenses que celle-ci a provoquées. La réponse des représentants des Assemblées de Dieu est surprenante :

– Frères nous entendons votre demande de pardon, nous l’examinerons en Conseil d’administration !

C’est pourtant une sage réponse ! Elle signifie que les amis accueillent avec sérieux cette demande de pardon et ne donnent pas une réponse à la légère.

Précision essentielle

Ces rencontres ont été préparées par les responsables de l’AEF et de la FEF. Dans la prière certes, mais aussi de façon active en cherchant déjà à aplanir les différends du passé entre les deux organismes. Et le Seigneur a béni cette volonté de réconciliation en l’étendant à d’autres !

Les cœurs s’alignent

Lors de la rencontre suivante, les représentants des Assemblées de Dieu de France expriment leur reconnaissance pour la demande de pardon exprimée par la FEF et font savoir qu’elle a été accueillie de façon unanime par l’ensemble du corps pastoral réuni en convention ! Mieux, ils demandent à leur tour pardon pour leurs réactions peu fraternelles. Entre temps le président de la Fédération du Plein Évangile écrit un courrier que j’ai cherché en vain à retrouver à l’occasion de cet anniversaire. Ce courrier disait en substance :

Si le fait de nous appeler Fédération du Plein Évangile a pu donner à certain l’idée qu’ils n’ont pas aussi le plein Évangile, nous vous demandons pardon !

D’après Jean-Pierre Riche, alors président de la FEPEF

Découverte mutuelle

Le 6 janvier 2003, le Conseil national des évangéliques de France (CNEF) est créé. Il est défini comme une plateforme, “un lieu d’échange, de réflexion, de concertation et de prière, une plate-forme en vue de renforcer les liens et la visibilité du protestantisme évangélique français, dans le respect de ses diversités”. Arriver à ce point est déjà une victoire, les attentes ne sont pas les mêmes pour toutes les Unions d’Églises : certaines freinent, frileuses, d’autres accélèrent, demandeuses…

Développement de relation solides

De 2003 à 2007, le CNEF met en place des groupes de travail sur les questions d’éthique et d’implantation d’Églises. Il consacre du temps à la connaissance réciproque des caractéristiques de chaque famille qui le compose et à la poursuite de la réflexion sur l’avenir. Il se dote de principes déontologiques. C’est un temps fécond de découverte mutuelle. Sans nier les difficultés, sans mettre certaines questions « sous le tapis ». Personnellement, c’est une période difficile. J’ai un mandat électif au Comité national de la FEF. D’un côté, je suis témoin de ce que Dieu accomplit au sein de cette plateforme, je découvre les autres familles évangéliques du paysage français, certaines de mes craintes s’effacent. De l’autre, je subis les pressions de certains leaders, certains résistent, parfois violemment, à ce qui se dessine.

Construire ensemble

En 2007, le CNEF décide d’évoluer. Il jette les bases d’un projet où le CNEF se doterait d’une structure juridique officielle. Ce projet reprendrait à son compte la vision et les engagements de l’AEF et, parmi les missions de la FEF, celles qui sont utiles à tous les protestants évangéliques. Ce qui se passe est exceptionnel. L’AEF accepte de se fondre dans le futur CNEF, alors que la FEF accepte de transférer certaine de ses missions et de se renommer Réseau FEF, afin donner au futur CNEF toute sa légitimité. En 2008 et 2009, le projet est affiné puis présenté aux Églises et aux oeuvres en vue du vote d’adhésion. Le 15 juin 2010, se tient l’assemblée générale constitutive du CNEF au cours de laquelle près de 200 délégués du mouvement protestant évangélique français créent officiellement le CNEF. Ils adoptent les textes statutaires qui en régissent la vie et nomment leur organe directeur. Retrouver l’historique du CNEF sur son site.

Quel chemin parcouru !

L’écoute commune de Dieu, l’écoute les uns des autres, la volonté théologique, bien décrite par E. Lhermenault, directeur de l’IBN, premier président du CNEF, qui tweetait récemment :

Comme l’a dit un jour l’un de mes professeurs à la faculté de théologie : “Épousez les doctrines principales ; fréquentez les secondaires.”

Angie Thornton, « Comment être sagement en désaccord avec d’autres croyants » TPSG

Voilà – entre autres- ce qui a rendu possible la construction ensemble du CNEF.

L’évangélisation grande cause commune

Dans un article, j’ai souligné que l’évangélisation est au coeur du CNEF. Il est incontestable que le projet « 1 pour 10 000 » à donner un objectif mobilisateur au CNEF. Et si vous ne connaissez pas le projet découvrez le ICI. L’évangélisation de notre pays est urgente. Particulièrement dans le contexte actuel. Il est essentiel que le CNEF continue de fédèrer, mobiliser, stimuler cette vision de la Mission de Dieu.

Mes vœux, ma prière

  • Que les dispositions spirituelles – l’écoute collective de Dieu, l’écoute mutuelle, l’humilité, l’abandon d’ambitions personnelles – qui ont rendu le CNEF possible continuent d’habiter le coeur du CNEF et de ceux qui le compose.
  • Que ce que Dieu a accompli à l’origine parmi nos familles évangéliques ne soit pas négligé,
  • Que l’évangélisation demeure la préoccupation majeure du CNEF.

Ayez un même amour, un même coeur, une unité de pensée. Phil 2 : 2b

Merci à Etienne Lhermenault pour la relecture attentive de cet article et son amitié.

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