Projetons-nous sur Dieu notre conception de la réussite ?

Quelles valeurs ?

C’est une évidence ! Nous sommes dans une société, une culture, qui ont pour valeurs la performance, la réussite, la productivité, le toujours plus. Au point de menacer planète elle-même… et que certains envisagent la décroissance… Ces valeurs se sont-elles substituées à notre vision biblique du monde ? Ont-elles déformé notre vision de la réussite

Pour nous, c’est la compétence, la productivité, le ministère performant ou au minimum la course après la réussite.

Andy Mcccoulloughs Global Humility Page 33  En cours de publication chez XL6

Je laisse la parole à Eugène Peterson dont je vous recommande la lecture :

Quelle vocation ?

Ce que les pasteurs [Leaders spirituels] font ou sont appelés à faire, est très simple. Nous disons la Parole de Dieu avec exactitude, pour que les assemblées de chrétiens puissent rester en contact avec les réalités de leur existence, pour qu’elles sachent ce qui se passe. Nous proclamons le Nom personnellement, à côté des membres de nos assemblées dans les circonstances réelles de leur vie, pour qu’ils reconnaissent que Dieu est à la fois à nos côtés et de notre côté quand cela ne se voit pas et que nous ne le sentons pas, et qu’ils réagissent en conséquence. Pourquoi avons-nous tant de mal à fixer ce cap ?

Pourquoi sommes-nous si facilement distraits ?

Parce qu’on nous demande de faire quantité de choses autres que celle-ci, dont la plupart nous paraissent utiles et importantes. Le monde de la religion génère un grand marché pour satisfaire les besoins qui ne peuvent l’être dans le centre commercial. Les pasteurs ne passent pas inaperçus dans ce marché et on s’attend à ce qu’ils viennent avec des produits qui satisferont le consommateur. Comme les besoins semblent assez légitimes, nous glissons facilement dans la routine de l’offre de conseils moraux et de consolations religieuses. Il ne faut pas longtemps pour nous apercevoir que nous sommes des directeurs de programmes d’une affaire florissante. Nous consacrons notre temps à concevoir des moyens de proposer de façon attrayante des produits associés à Dieu

Maîtres dans l’art de plaire aux clients

Avant même que nous nous en rendions compte, le mystère, l’amour et la majesté de Dieu, sans parler des tendres et délicates subtilités des âmes, sont couverts par le bruit et la frénésie du marché religieux. Mais alors qui est là pour dire le nom Dieu de telle façon qu’il est notre Seigneur, et Sauveur suprême, et non une version empaquetée et chiffrée qui répond aux besoins des consommateurs ? Et avec le temps, qui sera là pour accompagner hommes et femmes, adultes et enfants dans les lieux de confusion et de bénédiction, d’obscurité et de lumière, de blessure et de guérison, assez longtemps pour apercevoir la gloire et le salut qui se préparent derrière la scène, sous la surface ? Si nous sommes tous occupés à tenir le magasin, qui sera le pasteur?

Quand je me suis décidé à retrouver pour moi  cette identité de vocation, j’ai constaté que je devais procédé à un important décalage paradigmatique. Le paradigme pastoral et la dénomination m’avaient laissé était directeur de programmes . Ce paradigme, largement incontesté en Amérique  [et qui s’installe en francophonie], façonne puissamment et subtilement tout ce que le pasteur fait et pense en programmatique religieuse. Le pasteur [leader spirituel] est aux commandes. Dieu est marginalisé. […]

Directeur de programme…

Le pasteur [leader spirituel] directeur de programmes assujetti à la tournure d’esprit socio-économique du darwinisme, c’est-à-dire axé sur le marché, la compétition, la survie des mieux adaptés. Il s’agit là d’un glissement dans le travail pastoral, qui fait passer de l’obéissance à Dieu à la réussite de la carrière. C’est un travail dans lequel nous acquérons de la maîtrise, une position, du pouvoir et vérifions journellement notre image dans le miroir. […]

 …VS Accompagnateur spirituel

Le pasteur directeur spirituel [accompagnateur spirituel] (Cf. note 1)  est façonné par la tournure d’esprit biblique de Jésus : il est tourné vers l’ adoration, la vie de service, le sacrifice. Cela détourne le travail pastoral de la dépendance de l’ego vers la liberté de la grâce. C’est un travail que, nous renonçons à contrôler, dans lequel nous échouons et et pardonnons et observons Dieu agir.

L’exemple de Jonas

Ninive se repent, Dieu se laisse fléchir, et Jonas fulmine ! 

Jonas le pris très mal et mit en colère.

Jonas 4 : 1

Quand on veut parler du ministère, les critères de réussite doivent totalement être redéfinis. Sans quoi on finit comme Jonas : fâché. Dieu montre à Jonas qu’en réalité il s’agit d’une histoire d’identité. C’est un cache-sexe. Quand la plante est dévorée par le ver, Jonas est en colère. Depuis Adam et Ève, nous, les humains, nous avons l’habitude d’essayer de couvrir notre nudité avec quelque chose ; eux, c’était une feuille de figuier ou une feuille de vigne, pour Jonas c’est une plante comme métaphore de son identité placée en autre chose qu’en la justice du Christ. Pour nous, c’est la compétence, la productivité, le ministère performant ou au minimum la course après la réussite Vous allez découvrir la nature de vos feuilles de vignes si vous vous irritez quand elles sont mangées par les vers. Vous allez vous rendre malade et être dépité parce que vous n’arrivez pas à travailler. Sur cinq personnes que vous avez conduites au Christ, il y en a trois qui dégringolent. À un moment donné, j’avais quatre gosses dans quatre écoles différentes autour d’Istanbul et je passais trois heures et demie par jour à faire la navette dans les embouteillages. C’est là que j’ai compris que le « rendement » est une idole ; quand il n’y a pas moyen de vivre avec un bon rendement, soit on passe toutes ses journées énervé, soit on laisse tout aux vers. Jonas a dû apprendre que c’est l’obéissance qui est la réussite, et que les résultats appartiennent à Dieu.

Eugène Peterson Dans le ventre du poisson Editions La Clairière  pages 180 à 183 extraits. Les sous-titres sont ajoutés.

Le leadership divin a moins à voir avec l’opinion publique et tout à voir avec l’obéissance à Dieu.

Ron Walters

La réussite selon Dieu

Le mot succès n’apparaît qu’une seule fois dans la Bible, King James Il est la traduction de sakal. Mais Sakal, qui est traduit par succès, apparaît de nombreuses fois, indiquant généralement la compréhension, la sagesse et la prospérité.

Il signifie d’abord :

  • Devenir prudent (voir loin) en considérant humblement et soigneusement l’instruction. Faire en sorte que l’on devienne prudent et que l’on agisse avec circonspection.
  • Se comporter avec sagesse. (Acquérir la sagesse et la compréhension)Quel est le but principal de Dieu pour votre vie ? Avec quelle diligence, quelle constance et quel dévouement poursuivez-vous l’accomplissement de son dessein ? […]

Succès et dessin de Dieu

Le succès, dans la perspective biblique, signifie bien plus que la prospérité matérielle, la célébrité ou une large reconnaissance. Il signifie également beaucoup plus que toutes les définitions que contient le dictionnaire, telles que l’accomplissement, la réalisation, la réussite, la prospérité, la maîtrise, la victoire. Dans la perspective biblique, le succès n’est véritable que lorsque le dessein de Dieu pour notre vie est pleinement accompli. Le succès, d’un point de vue biblique, signifie : 

  • Trouver et réaliser le dessein de Dieu pour votre vie.
  • Devenir la personne que Dieu veut que vous soyez, pour le temps et l’éternité.
  • Gagner l’approbation et la louange ultimes de Dieu. Gerald Rowlands

Note 1. Il y a une ambiguïté dans le choix de directeur spirituel dans la traduction française de cet ouvrage. Dans le contexte anglophone le terme utilisé est spiritual director. Je lui préfère accompagnateur spirituel, plus adapté au contexte francophone.  

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