Prêchez-vous avec autorité ?

Ils étaient ébahis de son enseignement car sa parole avait de l’autorité.

Luc 4 : 32

Impressionner le public

Certains leaders spirituels ont cette faculté d’impressionner la foule. Quelques-uns par leurs connaissances théologiques. D’autres intellectuellement brillants. Il est possible de cumuler les deux ! Ce qui n’est pourtant pas une garantie ! Je pense à certaines « stars évangéliques » tombées de leur piédestal qui ont pourtant fait preuve d’une grande érudition biblique et d’une intelligence brillante. 

D’autres sont des orateurs puissants. Ils galvanisent leur auditoire. Et suivant la culture cette qualité peut être diversement évaluée. Je me souviens d’une des première fois où j’ai prêché en Afrique. Mon traducteur hurlait de plus en plus fort. Quand j’ai dit que nous allions faire silence…. Il a continué plusieurs minutes. Traduire le mot silence paraissait bien compliqué ! À moins qu’il ai cru bon de compléter mon message ! À la fin de la soirée, l’organisateur de l’évangélisation m’a dit : – Je vais prier que pour demain vous ayez plus d’onction ! Sur le chemin du retour, j’ai demandé à l’ami qui me recevait dans ce pays : – Le pasteur m’a dit qu’il allait prier pour que demain j’ai plus d’onction, est-ce qu’il a pensé que je n’ai pas crié assez fort durant ma prédication ? Mon ami s’est contenté de sourire ! Le danger du succès mondain et charnel qui s’obtient dans la puissance de la chair – et non dans la force de l’Esprit – est bien réel, mais Dieu n’est ni glorifié, ni satisfait.

Vivre ce que l’on prêche

C’est tout l’enjeu de l’autorité pour un leader spirituel. Antoine Nouis ajoute :

L’étymologie du mot autorité vient du verbe latin augeo qui veut dire augmenter. Quelqu’un qui autorité est un maître qui fait grandir son disciple.

Le nouveau testament Volume 1 page 414 Editions Olivétan/ Salvator

Roy Hession, qui a été mon mentor, à prêché le Réveil. Il a toujours  insisté sur la nécessité de la repentance continue. Mais il a incarné un exemple de repentance. Il raconte ce qui l’a touché, et même brisé, confronté au message simple, de frère venus du Rwanda, qui avaient vécus le Réveil de l’Afrique de l’Est. Voici ce qu’il écrit :

Le message de l’équipe était très simple. Ses membres n’avaient pas cherché à le donner de façon puissante, comme j’en avais l’habitude. D’abord Revel [mon épouse] se dit déçue – Tu prêches beaucoup mieux qu’eux ! Ils illustrèrent pourtant leur prédication de témoignages personnels ils partagèrent leurs expériences d’échecs et de faiblesses sur le champ missionnaire, montrant comment la grâce les avait remis sur pied. Ces témoignages atteignirent tous ceux qui étaient présents. Ce qu’ils enseignaient était très différent de ma conception du Réveil.

La première prédication porta sur le récit de Caïn et Abel : Caïn, l’homme qui offrait les fruits du sol représentant les œuvres propres, et Abel, qui offrait les prémices de son troupeau représentant le sang de Jésus, l’Agneau. J’avais moi-même prêché sur ce texte, l’utilisant pour un message d’évangélisation. Je ne voyais aucun rapport ave le Réveil. Plus tard, je compris que c’était justement ce dont j’avais besoin J’étais bel et bien un Caïn, plutôt qu’un Abel.

J’avais essayé d’obtenir de Dieu, par force, cette bénédiction dont j’avais besoin pour mon travail, plutôt que de venir à la croix de Jésus pour être lavé par son sang. Je m’étais débattu, j’avais fait des efforts, alors que je devais me repentir. Bien que je sois évangéliste, le Seigneur ne m’avait pas accepté, ni moi, ni mon offrande. Pour mes besoins quotidiens, j’avais court-circuité la croix.

Mon chemin du Calvaire, Roy Hession Editions BLF page 97

Vous avez noté ?

Peur d’être vrai 

Pour incarner notre message, nous devons être vrais, sincères, et tomber le masque. Il n’est pas rare d’entendre des leaders spirituels jouer un rôle. Dans leur prédication comme dans leurs relations avec les croyants. Ils prêchent la théorie. Pas ce qu’ils vivent. Cela se ressent très bien. Une des raison est qu’il ne peuvent pas se reconnaitre vulnérables. Il y a peu, dans un message, j’ai évoqué mes luttes pour maintenir ma vie de prières. À la fin du culte, une personne m’a dit : – Ça m’a fait tellement du bien que tu évoques tes combats dans la prière !  

Rien à prouver

Peu de temps avant son passage à Capharnaüm, Jésus a entendu son père lui affirmer :

Tu es mon Fils bien-aimé, tu as toute mon approbation.

Luc 3 : 21

Jésus n’avait rien à prouver. Précisément parce qu’il connaissait son identité de fils bien-aimé de Dieu. Parce que cette intimité avec le Père nourrissait son action. Mais certains leaders spirituels ne sont pas dans cette disposition. Au contraire, ils se sentent menacés, de différentes manières. Voilà ce qu’ils expriment souvent :

– Nous craignons l’échec dans la prédication parce que chaque dimanche, nous avons un examen oral. 

– Nous craignons l’échec à la maison parce que nos attentes sont souvent irréalistes et non bibliques. 

– Nous craignons l’échec en privé parce que notre patron nous observe en permanence.

– Nous craignons l’échec en public parce que nos membres nous observent souvent.

– Nous craignons l’échec devant nos pairs parce que nous luttons contre la comparaison et la compétition.

https://ministrygrid.com/4-unmet-emotional-needs-of-pastors/

L’intimité avec Dieu

Après son baptême et cette affirmation de sa filiation, Jésus, conduit par l’Esprit, passe 40 jours dans le désert. En dehors de la rencontre avec le diable, Jésus s’imprègne de la relation avec son père. Il prend le temps de le consulter de se nourrir de cette communion avant de passer à l’action. Beaucoup trop de leaders spirituels agissent, foncent, pensent servir Dieu… sans connaître vivre cette intimité divine. Les chiffres sont là :

72% des pasteurs que nous avons interrogés ont déclaré qu’ils n’étudiaient la Bible que lorsqu’ils préparaient des sermons ou des leçons. Il ne reste donc que 38% qui lisent la Bible pour leurs dévotions et leur étude personnelle.

https://relationalconcepts.org/wp-content/uploads/2018/07/Pastor-Statistics-What-About.pdf

Vous ne pouvez pas donner ce que vous n’avez pas reçu. Trop de leaders spirituels sont tellement occupés, travailler leur prochain sermon ou leur prochaine étude biblique, qu’ils n’ont plus le temps de s’asseoir aux pieds de Jésus. D’écouter son enseignement, simplement pour le plaisir de la relation avec lui, sans autre programme ou tâche à accomplir. Leur vie de prière peut devenir hyper-active… et superficielle jusqu’à devenir presque inexistante. C’est pourtant cette communion intime avec Dieu, à l’exemple de Jésus, qui seule confère l’autorité.

On parlait de plus en plus de lui et les gens venaient en foule pour l’entendre et pour être guéris [par lui] de leurs maladies. Mais lui, il se retirait dans les déserts et priait.

Luc 5 : 15 & 16

Comme à la fin du chapitre précédent, c’est lorsque Jésus a du succès qu’il a le plus besoin se retirer dans les déserts pour s’enraciner dans sa relation au Père. Nous pouvons relire le désert à la lumière de la tentation. Jésus se retire pour prier lorsqu’il se sent menacé par le pouvoir et la séduction religieuse.

Ibid

Vous ne pouvez pas donner

ce que vous n’avez pas reçu !

Incarner l’Évangile

À Capharnaüm, Jésus est écouté avec la plus grande attention. Si sa parole fait autorité, c’est parce que Jésus incarnait entièrement ce qu’il disait. Comme l’écrit Antoine Nouis :

Son passage par le désert lui a permis d’habiter totalement l’évangile qu’il proclamait. Celui qui ne vit pas ce qu’il dit n’a aucune autorité

Ibid 414

Questions

  • Cherchez-vous à impressionner votre auditoire ?
  • Avez-vous peur d’être vrai, authentique ?
  • Vivez-vous ce que vous prêchez ?
  • Que cherchez-vous à prouver ?
  • Qu’en est-il de votre intimité avec Dieu ?
  • Incarnez-vous l’Évangile que vous prêchez  ?
  • Êtes-vous menacé par la séduction du pouvoir ou du succès ?

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