La bessonnaz dans le Jura Suisse

Comment je me suis donnée à Christ à 10 ans

Pâques 1956. J’ai tout juste 10 ans. Mes parent, qui ne sont pas croyants, m’envoient dans un camp biblique dans le Jura. À la Bessonnaz, avec la fondation du Grain de Blé. J’ai des souvenirs très précis. La visite de mon oncle suisse, qui m’offre une grosse pièce de 5FRS. Une fortune pour le gamin modeste que je suis. Je mets ce précieux trésor dans la poche du mon survêtement bleu… et je la perds. Je vais passer des heures à la chercher. Comme dans la parabole… en vain. Je me rappelle très bien de ma frustration.
Je me souviens de beaucoup d’autres choses. Du responsable et animateur du camp André Hug… Du concours de décoration des tables pour le jour de Pâques, avec de la mousse, des écorces.. Concours gagné par… la table voisine de celle de mon groupe ! Déception… Du concours de chant remporté lui aussi par cette table décidément douée. «  Ouvrez-vous porte du tombeau, Jésus paraît oh qu’il est beau… » Quel chant extraordinaire dont je ne réalise pas encore le sens profond.

Je me souviens aussi de la présentation de l’Évangile par Jean-Raymond Couleru. Pourquoi un enfant de 10 ans garde-t-il le souvenir du nom de celui qui lui a présenté la Bonne Nouvelle… et pas du thème de sa prédication ? Toujours est-il qu’à la fin de la soirée, je suis convaincu de mon besoin de Jésus-Christ et décidé à lui offrir ma vie. Je déclare à ma monitrice, que je veux donner ma vie à Dieu et m’attacher à Jésus-Christ. Nous montons dans la chambre 10. Je nous revois, Josiane De Worm, et moi 10 ans, agenouillé… Pas de souvenir particulier, sauf celui que j’appartiens à Jésus.

J’ai perdu ma « fortune »… Mais j’ai découvert le plus grand des trésors : la vie de Christ en moi !

De retour à chez mes parents, j’explique à ma mère que « j’ai donné mon cœur à Jésus » que j’aimerais continuer à chanter, prier avant de manger, lire ma Bible en famille. Là les souvenirs se font à nouveau très précis. Je revois ma mère, me prendre sur ses genoux et me dire avec douceur et tendresse : « Mon garçon, ton père et moi, nous ne t’empêcherons jamais de croire, mais nous ne le ferons pas avec toi ! » Cette impression viscérale d’effondrement, comme si la terre s’ouvrait pour m’engloutir, m’est toujours restée.

Est-ce pour cela que j’ai réalisé, près de cinquante ans plus tard, ma difficulté de parler de ma foi, de partager mes expériences spirituelles profondes, avec mes plus proches ? Comme si j’avais enregistré à 1O ans que la vie spirituelle ne se partageait pas dans la famille. Les tabous familiaux ont la vie dure. Aujourd’hui encore, ma famille ne me pose quasiment jamais de questions sur mon ministère…  « C’était bien ton voyage au Togo ? » Mais jamais, « Tu y a fait quoi ? Tu y es aller dans quel but ? »

Peter Scazzero à raison. Nous devrions

Revenir en arrière pour mieux aller de l’avant 

P. Scazzero. Les chemins d’une spiritualité émotionnellement saine. Éditions Excelsis. Chapitre 3 page 99

Notre santé spirituelle est liée à notre santé émotionnelle. Nous devons affronter les blessures de notre passé. J’aurais aimé réfléchir et porter devant Dieu, vivre l’intervention du Saint-Esprit plus tôt. Mais Dieu et bon. Et ce matin encore j’ai remercié Dieu pour ce que mon père et ma mère m’ont apporté qui a été source de bénédictions dans ma vie, et qui a contribué à ma formation de disciple de Jésus. Et y a une suite particulièrement bénie à cet épisode. Ici


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