Être leader… c’est aimer

Une charge… 

Leader spirituel(le) vous avez une charge ? Celle d’une Église, d’une oeuvre, d’un groupe de chrétiens ? Le mot charge à souvent une connotation négative. Il sous-entend de nombreuses obligations, des soucis, des inquiétudes, des problème à résoudre… Pourtant, Paul ne se réjouissait-il pas de participer aux souffrances de Christ par ses souffrances pour l’Église de Colosse ?

Je me réjouis maintenant dans mes souffrances pour vous et je supplée dans ma vie à ce qui manque aux peines infligées à Christ pour son corps, c’est-à-dire l’Eglise.C’est d’elle que je suis devenu le serviteur, conformément à la charge que Dieu m’a confiée pour vous: annoncer pleinement la parole de Dieu.

Col 1 : 24 & 25.

… Le plus souvent lourde

  • Critiques et conflits. Il semble que les pasteurs rencontrent de plus en plus de difficultés sur ce point. Et la plupart des sujets de conflit ne sont pas des questions doctrinales, mais souvent portent sur questions triviales. Or très peu de pasteurs sont équipés et formés pour faire face au flux constant de critiques et de crises.
  • Problèmes familiaux. De nombreux leaders spirituels sont confrontés aux attentes des membres de l’Église à l’égard de leur conjoint ou de leurs enfants. D’autres ont du mal à trouver du temps pour leur famille. 
  • Le stress. La vie d’un pasteur est faite de hauts et de bas émotionnels. Les attentes des membres de l’Église peuvent être déraisonnables. 
  • L’épuisement professionnel. Le ministère de l’Église locale peut attirer deux grands types de personnes : les paresseux et les bourreaux de travail. La responsabilité est souvent faible, et il peut être facile de s’en tirer avec peu de travail ou de travailler plus de 70 heures par semaine. Je vois plus de ces derniers que des premiers.
  • Les problèmes sexuels. Ces problèmes appartiennent le plus souvent à l’une des deux catégories suivantes : pornographie ou infidélité conjugale…
  • Les problèmes financiers. On entend parler de quelques pasteurs qui gagnent des salaires énormes. La réalité est que la majorité des pasteurs ont des difficultés financières.
  • La gestion du temps. On attend souvent des pasteurs qu’ils participent à de multiples réunions, qu’ils rendent visite à d’innombrables fidèles, qu’ils préparent des sermons excellents, qu’ils assurent une direction stratégique permanente…. De nombreux leaders ne savent pas comment ni quand dire “non”. Et beaucoup ne savent pas déléguer, ou n’ont vraiment personne qui puisse assumer certaines de leurs responsabilités. ( Paragraphe inspiré de https://churchanswers.com/blog/eight-of-the-most-significant-struggles-pastors-face/)

La plupart des pasteurs ( leaders spirituels) aiment leur vocation 

Et ils aiment leur ministère. Beaucoup ne changeraient pas leur rôle s’ils le pouvaient. Cependant ils  seraient heureux de recevoir de l’aide des membres de l’Église, un mot d’encouragement de la part de n’importe qui, et de savoir que d’autres prient pour eux. C’est pour cela que je souligne l’importance d’avoir un mentor avec qui envisager toutes ces sources de difficulté.

Ton frère n’est pas un fardeau…

Alors que certains aspects du ministère peuvent être pesants – Paul ne s’en cache pas – la relation avec ceux qui sont au bénéfice de son ministère, sont pourtant placés sous le signe de l’amour ! Quel défi ! 

En effet, Dieu m’est témoin que je vous chéris tous avec la tendresse de Jésus-Christ.

Phil 1 : 8

J’ai été marqué, dès le début de mon ministère, par une puchline de mon mentor :

Ton frère n’est jamais un fardeau c’est ton frère !

Roy Hession

J’ai souvent dû me remémorer cette vérité, quand j’étais un peu sec dans mes relations. Mais Paul, dans son adresse aux Philippiens va encore plus loin.

Un amour impossible ? 

Mot à mot Paul affirme : dans les entrailles de Jésus-Christ ; non pas avec une affection humaine et charnelle, mais avec une affection chrétienne et spirituelle… Oui cela semble impossible.

La phraséologie (dans le cœur du Christ Jésus) est profondément significative. La personnalité du chrétien n’est jamais perdue, mais il est tellement uni à son Seigneur, « un seul Esprit » (1 Corinthiens 6:17), que les émotions du membre régénéré sont, pour ainsi dire, en continuité avec celles de la Tête toujours bénie. Tyndale, Cranmer et Genève rendent « de la racine même du coeur en Jésus-Christ »

Gills exposition https://biblehub.com/commentaries/philippians/1-8.htm

Les entrailles de Dieu

Dans tout l’Ancien Testament Dieu est décrit comme un Dieu compatissant, c’est à dire qui partage la souffrance, miséricordieux, c’est à dire sensible à la misère… L’hébreu biblique utilise un mot « raham » qui veut dire littéralement : le sein maternel, l’utérus ou les entrailles et qu’on traduit par miséricorde, grâce, compassion, affection en parlant de Dieu. Notez bien entrailles… tripes… utérus !

Éternel, souviens-toi: tu es depuis toujours, un Dieu compatissant [Raham] et plein d’amour.

Ps 25 : 6

Selon ta grande miséricorde [Raham] efface mes transgressions;

PS 51 : 1

… a déclaré David, lorsque Nathan est venu le confronter à son péché.

La traduction de cette image d’entrailles par les mots pitié, compassion et miséricorde décrivent mal toute l’émotion et l’intimité du mot «raham». 

Pourtant cela signifie clairement que Dieu ressent jusque dans ses entrailles la souffrance de son peuple.

Les entrailles de Jésus 

Comment Matthieu caractérise-t-il Jésus dès le début de l’Évangile, grâce à une citation de l’AT ?

 Emmanuel, Dieu avec nous.

Mt 1.23 

À la fin de son récit, Matthieu ne raconte pas l’ascension de Jésus comme Luc. Il ne parle pas d’un Paraclet comme Jean.  Matthieu rapporte cette affirmation de Jésus : 

 Et voici : je suis moi-même avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde.

Mt 28.20

Ainsi Jésus affirme la continuité de sa présence et celle de Dieu au travers de lui. Et vous allez voir que ce sont carrément les entrailles de Dieu qui descendent sur terre ! Dans le Nouveau Testament, cette histoire d’entrailles se poursuit : un mot grec poursuit la même idée évoque cette même image : splagchnizomai. Littéralement, ce mot veut dire « entrailles ». En grec, on dit qu’on « a des entrailles pour quelqu’un » pour exprimer l’idée d’être ému et d’éprouver un sentiment intense de compassion.  À plusieurs reprises, c’est de la façon dont on décrit le regard de Jésus pour une personne malade ou une foule. 

 Voyant la foule, il fut ému de compassion [splagchnizomai] pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue , comme des brebis qui n’ont point de berger.

Mat 9 : 36

Ce mot, utilisé douze fois. C’est un terme très fort qui signifie «ressentit quelque chose dans ses entrailles », « être saisi aux tripes ». Quand Jésus vit la foule sans nourriture, il ressentit la faim jusqu’au fond de lui-même. Quand il vit les aveugles et les lépreux, il ressentit leur lutte au plus intime de lui-même. Quand Jésus vit les paralytiques, il ressentit leur souffrance dans son coeur. Quand Jésus vit la veuve de Naïm quitter la ville avec son fils unique mort, il ressentit sa peine jusque dans ses entrailles, il tressaillit au plus profond de lui-même et fut remué jusqu’à la moelle. Quand nous lisons le récit des miracles, nous lisons d’abord que Jésus a ressenti la souffrance de ceux qui l’entouraient.

Paul : aimer des les entrailles de Jésus…

La tendresse même de Jésus-Christ : mot à mot dans les entrailles du Christ Jésus. Paul s’est défini dans le premier verset comme serviteur, on peut aussi traduire esclave, de Jésus-Christ. Son esclavage est niché dans les entrailles de Dieu, dans la tendresse de Jésus-Christ.

Antoine Nouis Le nouveau Testament volume 2 page 1234

Voilà où Paul puise l’amour pour ceux qu’il accompagne de son leadership. Dans l’amour même de Christ, qui lui même trouve sa source dans le coeur de Dieu…

Heureuse l’Église qui est aimée par ses dirigeants…

… Écrit Antoine Nouis dans son commentaire ! Et c’est une vraie question pour chaque leader spirituel. Est-ce que j’accomplis ma charge, par obligation, par devoir, par conscience professionnelle… Ou suis-je motivé par l’amour ? Ne pensez-vous pas que certaines tensions dans votre leadership résultent d’une certaine pénurie d’amour ? Mais oui : ceux que vous accompagnez de votre leadership sont heureux si vous les aimez de l’amour que Christ vous a manifesté !

Conclusion 

Heureux sont ceux dont vous avez la responsabilité s’ils savent que vous les aimez. Votre leadership ne peut s’exercer sans être nourrit par l’amour de Christ pour vous – et pour eux ! Vous êtes le (la) bien-aimé(e).  de Dieu. Nourrissez votre vie spirituelle de cet amour divin inconditionnel. Repentez-vous si vous l’avez perdu de vue. Si vous avez exercé, même occasionnellement, votre leadership sans cet amour de Christ. Confessez ce qui est dans votre coeur, votre impatience, votre irritation, votre lassitude, votre favoritisme, votre jugement, votre découragement… plutôt que ce qui devrait s’y trouver : l’amour ce Christ ! Et recevez la plénitude de son Esprit et l’amour – fruit de l’Esprit-  qui jaillit du coeur de Jésus, pour vous et ceux que vous accompagnez !

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