De l’anarchie à l’Évangile : itinéraire de mon aïeul !

Anarchiste, agitateur politique, malade incurable, converti à l’Évangile et guérit ! Voici l’histoire de mon arrière grand-père paternel, telle qu’il la raconté lui même, dans plusieurs traités d’évangélisation de l’époque. Une perle à la gloire de Dieu ! J’ai parlé de mon grand-père et de l’héritage spirituel que nous transmettre nos proches ici https://paroledementor.com/heritier-beni-sans-aucun-doute.

Je suis né en 1855…

… à Paris, de parents belges. Je reçus mon instruction primaire dans une école congréganiste.et fus même enfant de choeur à l’Église Sainte-Marie des Batignolles jusqu’à ma première communion. J’étais déjà cependant dégoûté de toute religion. Quand je devins apprenti menuisier, et l’atelier continua a m’affermir mes idées antireligieuses. Je perdis tout idéal moral. Mais comme l’homme a besoin de lutter pour quelque chose de plus grand que lui, j’entrai dans le mouvement ouvrier, et même je devins anarchiste.
À la suite d’actes de propagande par trop violents, coïncidant avec des troubles graves en Belgique, je fus expulsé de France par décret du 30 Mars 1886.
L’année suivante je fus autorisé à rentrer à Paris, à la condition que je cesserais de m’occuper de politique. Je fus mis sous la surveillance de la Préfecture de police.
Mais ne plus m’occuper de politique, abandonner « la lutte de classe », voilà ce qui était bien difficile à un tempérament comme le mien I Plusieurs fois mes camarades durent me recommander la prudence et même me l’imposer.

À la suite d’une chute de 3 mètres de haut…

… je fus alité chez moi pendant six semaines, après quoi je pus reprendre mon travail. [ Jean-Baptiste était couvreur.] Mais quelques jours après mon retour à l’atelier, et subitement, je fus atteint de paralysie et transporté à la Salpêtrière, où l’on ne me garda pas. J’allai d’hôpital en hôpital, toujours immobilisé sur un lit, et je continuai à faire de la propagande anarchiste. Après de longs mois de traitement sans aucune amélioration, le professeur Dieulafoy, membre de l’Académie de Médecine, qui me traitait, dut me faire cette déclaration : « La science a fait pour vous tout ce qu’elle a pu ». Cela signifiait que j’étais incurable. On m’envoya pourtant à l’Asile de convalescence de Vincennes. C’est là que pour la première fois de ma vie je me trouvai en rapport avec un chrétien vrai. J’essayai tout d’abord de l’amener à mes idées anarchistes, mais mes efforts furent vains. Et c’est lui, au contraire, qui par son simple témoignage, donna le premier coup à mes convictions erronées. Je fus surpris de trouver un homme à la fois si intelligent, si convaincu, si ferme dans sa foi. Je n’ai jamais revu ce brave homme. Combien de fois n’ai-je pas souhaité de le rencontrer de nouveau ! Rentré chez moi, mes patrons firent des démarches pour me faire admettre dans un établissement d’incurables. Imaginez ce que devait être ma détresse morale ! C’est alors que des voisins conseillèrent à ma femme de me faire conduire au Dispensaire de la Mission populaire Évangélique, rue de l’Avre, à Grenelle. Je refusai d’abord, m’appuyant sur la déclaration du grand docteur : « La science a fait tout ce qu’elle a pu ». Enfin, sollicité de nouveau, je me laissai conduire par ma femme à ce dispensaire, dont on ne m’avait pas fait connaître le caractère religieux.

Ni Dieu, ni Maître 

Car alors mes principes se résumaient en ces quatre mots : « Ni Dieu, ni Maître », et je n’aurais pas accepté d’aller dans une maison chrétienne, même pour y être traité gratuitement. Ce fut le 26 Février 1890 que je me rendis au dispensaire. Je fus obligé tout d’abord d’entendre la lecture de l’Évangile, faite par le docteur Estrabaud. Il lut le chapitre de l’Évangile selon St-Jean, où est racontée la guérison, opérée par Jésus-Christ, du paralytique de Béthesda, qui avait été malade pendant trente-huit ans. Curieuse coïncidence I J’étais malade, moi, depuis trente-huit semaines jour pour jour.
L’explication de ce récit,  faite par le docteur, et s’appliquant à chaque malade, me troubla. Puis la consultation commença. Mon tour arrivé, le docteur Estrabaud confirma la déclaration du docteur Dieulafoy. Mais il ajouta que, même si la science était impuissante à me guérir, Dieu pouvait le faire, comme il l’avait fait pour le paralytique de l’Évangile.
À partir de ce jour je sentis une amélioration très nette dans mon état. Je revins au Dispensaire, et plusieurs chrétiens (tous partis maintenant pour être avec le Seigneur) prièrent pour moi. Ils demandaient à Dieu, non seulement ma guérison, qui était déjà en bonne voie, mais surtout ma conversion. 

Enfin le 6 Avril 1890 …

…Dieu exauça ces prières. J’étais allé ce soir-là à une réunion où on annonçait l’Évangile. Le prédicateur expliqua ces paroles du Sauveur :

Hors  de moi vous ne pouvez rien faire …. Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et cela vous sera accord »

(Jean 15 :7). 

Ces paroles, de même aussi que le chant du cantique qui suivit, dépeignaient l’état de mon âme. J’eus peine à attendra la fin du service. Je me levai comme mû par un ressort,  je déclarai que toute ma vie n’avait été qu’une offense envers Dieu, que je ne méritais pas sa clémence, mais puisque par Jésus je pouvais Lui demander tout ce que je voulais, comme il avait déjà exaucé les prières pour la guérison de mon corps, je demandais à Dieu de m’accueillir et de faire de moi une nouvelle créature. 

L’exaucement fut complet.

Mes derniers préjugés étaient tombés. J’acceptai avec foi et reconnaissance le salut éternel qui nous a été acquis par le sacrifice de Jésus-Christ sur la croix. Quelle date mémorable pour moi !
Je pus, dès ce moment, reprendre l’exercice de mon  métier. Depuis cette époque j’ai eu des épreuves de Joutes sortes, et même  les maladies ne m’ont pas été épargnées, mais elles n’ont fait que confirmer et affermir ma foi en celui qui est le Tout-Puissant et qui ne nous éprouve que pour nous attirer à Lui.
Je n’ai cessé depuis ma conversion de jouir de la paix intérieure, plus précieuse que toutes les richesses du monde. Dieu a pourvu à tous mes besoins et à ceux de ma famille, plusieurs de mes enfants ainsi que ma chère femme ont embrassé la foi chrétienne. Notre foyer n’a jamais été plus heureux. Et tout cela grâce à l’Évangile, c’est-à-dire à la Bonne Nouvelle (car c’est là ce que ce mot signifie) la Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu, révélé et réalisé par Jésus-Christ, mon. Sauveur.

Jean- Baptiste FLAMENT.

Ruben Saillens, atteste :

À ce simple témoignage, je n’ajouterai quelques mots. J’ai connu M. Flament depuis sa conversion en 1890 : j’étais alors  pasteur d’une Église populaire située au cœur de Paris[1], dont la plupart des membres catholiques romains de naissance, avaient accepté le simple Évangile en rejetant tout ce qui vient des hommes. M. et Mme Flament, qui me furent présentés par des amis, se joignirent à cette Église en confessant leur nouvelle foi par le baptême. Pendant trente-quatre ans, je les ai vu de près. J’ai béni Dieu pour leur courage, pour leur loyauté à leurs principes et pour leur fidélité chrétienne, et je les mets au rang de mes amis.

Lecteur, voulez-vous faire l’essai d’une religion si simple, si accessible à tous, et qui donne le bonheur véritable pour ce monde et pour l’autre.

Ruben Saillens

Ruben Saillens (1855-1942) fut pasteur protestant baptiste, mais également évangéliste, écrivain et poète, fondateur d’œuvres français.. Cet orateur brillant, ce chantre prolifique, a marqué son temps, et domine l’histoire de son église. Il fut une importante figure du protestantisme tout entier, en particulier pour les années 1880-1930


[1]Église du Tabernacle à Paris rue Belliard

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